«Le jour où il tomba dans le coma, Cari avait quarante-neuf ans. Marcus, qui avait passé la cinquantaine, avait longtemps cru que sa différence d’aîné l’exposerait davantage. Mais comme les enfants peuvent mourir avant leurs parents, les cadets peuvent être frappés avant les aînés. Cette logique de l’âge n’en était pas une, elle était aussi absurde que trompeuse.»
Carl, cadre modèle, a fondé une famille et travaillé vingt ans dans la même mutuelle, jusqu’au jour où la rencontre d’un mystérieux Stern l’entraîne à bouleverser son existence. Marcus, célibataire, séducteur et insouciant, a accumulé les expériences avant de se fixer à Roubaix, où il enseigne l’ethnologie et couche allègrement avec ses étudiantes.
L’Inconscience ne se contente pas de retracer les parcours – amoureux et professionnel – de ces deux frères que tout semble opposer. Le roman nous plonge au cœur d’une étrange atmosphère de province, multipliant les allers-retours entre la sphère intime et la sphère sociale. Ce faisant, il dévoile le visage d’une époque où les compagnies d’assurances ont remplacé les consolations de la religion, où le pouvoir de la finance est omniprésent, et où la quête du bonheur est un risque dans nos vies trop bien réglées.
Ed. L’Olivier, 2012.
Cote : LOR R HES
Le printemps est là, la nature s’éveille : regardons de plus près ces petites bêtes qui nous entourent. Les connaissons-nous vraiment ? Ce guide accessible à tous, richement illustré, nous permet d’identifier les espèces, de savoir lesquelles sont utiles au jardin et d’obtenir des conseils pour un jardinage respectueux de la nature… Sur le pas de notre porte ou dans le jardin, partons à la découverte des petits êtres qui peuplent nos vies.
Ed. Serpenoise, 2013.
Cote : LOR 590 NOG
Figure d’épouvante dans la mémoire collective, personnification de la terreur arbitraire pour le grand public, la Gestapo est pourtant l’un des acteurs de la répression les moins connu de la France des Années noires. Avec surprise, on constate qu’aucune étude scientifique ou publication ne s’est intéressée à son fonctionnement quotidien, à ses effectifs, au parcours de son personnel, à leurs motivations, à leurs méthodes. Aucun travail n’a cherché à mesurer l’efficacité de cette police. L’auteur spécialiste de la répression et des polices nazies, propose au public mosellan la première étude jamais publiée en France sur un service régional de la Gestapo, qui plus est dans une région annexée au Reich entre 1940 et 1945 constituant un enjeu central pour l’Europe allemande voulue par Hitler. A partir d’archives allemandes, anglaises et françaises, pour la plupart totalement inédites, il retrace l’histoire de ce service. Il révèle également toute la complexité de cette police, sa place dans le dispositif répressif nazi, ses relations avec les autres acteurs allemands, les complicités dans la population bien loin de l’image d’Épinal de policiers brutaux, ne recourant qu’à la torture pour parvenir à leurs fins. Dressant le bilan de quatre années de répression – au moins 16 000 arrestations -, il évoque également l’après-guerre clémente que beaucoup de ces hommes connaissent dans une Allemagne en reconstruction.
Ed. Serpenoise, 2013.
Cote : LOR 944.0816 NEV
Zoom sur un premier livre : D’amour, de larmes et de sang par Alin Cheraud.
Le docteur Charles Barnier a tout pour lui : psychiatre renommé, directeur d’une clinique prestigieuse et père de famille marié à Anna, une femme charmante et intelligente. Cependant, la vie que le séduisant et manipulateur docteur a connue jusqu’ici va rencontrer quelques remous imprévisibles… A commencer par la douce vengeance que concocte Anna, agacée par les incartades amoureuses de son époux. S’ensuivent une série d’événements qui vont irrémédiablement se répercuter sur la vie de Charles, révélant la part d’ombre de chacun.
Comme son titre le suggère, cet ouvrage est à conseiller aux lecteurs avides de drames et de multiples rebondissements !
Ed. de la Société des écrivains, 2012.
Cote : LOR R CHE
Nicolas Pinier est un artiste plasticien messin qui habite au 6, rue de la Glacière à Metz depuis 1998. Le 1er décembre 2008, il décide de faire un voyage expérimental de trois semaines : Voyage à l’autre bout de la rue. Il endosse l’habit du voyageur pour aller à la rencontre de son voisinage et considérer l’exotisme au coin de sa rue.
Un pur moment de délire de la part de cet artiste. Ce livre reprend le blog qu’il a tenu au cours de son expérience. Il s’est lancé dans cette aventure sans trop de préparation et c’est vraiment surprenant de le voir préparer ses bagages (croquis à l’appui) pour voyager en bas de chez lui. Sans partir loin, il va pourtant subir quelques mésaventures dont la mystérieuse disparition de 4 paires de chaussettes (quand même !).
Voilà donc le périple d’un doux rêveur qui découvre ses voisins… A lire en 30 minutes chrono, pour voyager à votre tour à ses côtés et qui sait, peut-être aurez-vous envie de partir à la rencontre de vos voisins ?
Ed. Pinier, 2011.
Cote : LOR R PIN
Eric Marchal est pharmacien de formation. Il a 48 ans et vit à Vittel. Son premier roman, Influenza (2 tomes), a reçu le prix Carrefour Savoirs 2009.
Le Soleil sous la soie est surprenant par la facilité avec laquelle le lecteur plonge dans l’histoire. L’écriture d’Eric Marchal vous transporte tout en douceur dans un univers radicalement différent du nôtre. Nous sommes au XVIIe siècle dans un duché de Lorraine où le duc Léopold 1er est contraint de se plier aux exigences du roi Louis XIV. Le héros que l’on va suivre au fil de ses aventures est Nicolas Déruet, un jeune chirurgien ambulant talentueux et honnête. Son destin va basculer le jour où il rencontre Marianne Pajot, accoucheuse à Nancy. Pour elle, il s’installe dans cette ville mais va vite devenir trop encombrant pour les médecins officiels à qui il fait de l’ombre. Ces derniers complotent contre lui : il se fait emprisonner à la suite d’une opération où le patient décède. Nicolas est alors obligé de s’exiler dans les armées de la coalition, en guerre contre les Turcs en Hongrie. Des campagnes lorraines aux steppes hongroises, des masures abandonnées aux ors des palais royaux, il connaîtra le destin hors norme d’un homme guidé par l’amour et l’ambition de révolutionner la médecine. A son retour à Nancy, plus rien ne sera comme avant son départ : trahisons et désillusions vont le pousser à se dévouer corps et âme à la chirurgie pour venir en aide aux patients les plus démunis. Dans ce roman, Éric Marchal s’empare d’un thème passionnant, la rivalité féroce à l’époque entre les médecins de la faculté et les chirurgiens-barbiers. Une des spécificités du récit est de nous faire partager les nombreuses opérations que réalise Nicolas Déruet, tirées de cas réels, documentées grâce aux comptes rendus d’alors.
Certes, c’est un excellent roman historique qui va séduire les amateurs du genre, mais il saura toucher bien plus largement tous les passionnés de littérature. Ce livre est captivant : 50 pages et vous ne pourrez plus le quitter ! Laissez-vous tenter… !
Ed. A, Carrière, 2011.
Cote : LOR R MAR
Le récit débute dans les années 80. Le lecteur fait connaissance avec la narratrice dans le cadre intime de sa famille. Le monde artistique y est omniprésent. C’est de manière fortuite, en voulant peindre une rue en perspective, que l’histoire va débuter : à la recherche d’un modèle, sa mère va puiser dans ses souvenirs.
« Tu te rappelles du tout petit tableau qu’aimait tant ton père ? Il représente une rue, l’atmosphère est assez sombre : on dirait la nuit. Il y a quelques lumières et on distingue les façades en perspective… ». Ce tableau, intitulé Ramstein ; 1915 est signé par un mystérieux A.W.
Vingt ans plus tard, alors qu’elle se promène dans une brocante à Sarrelouis, la narratrice trouve un tableau de la main du même peintre. Cet événement retient son attention. Elle décide d’en savoir plus et part en quête de cet artiste.
Ses recherches la mènent conjointement à découvrir le passé de sa famille et de sa région. Originaires d’Urzig et installés à Forbach depuis la fin du XIXe siècle, ses ancêtres sont témoins de la double culture des habitants de la Moselle qui fut tantôt française, tantôt allemande. Parallèlement, elle met en lumière le chemin d’artistes novateurs, visionnaires et fondateurs de mouvements majeurs marquant le début du XXe siècle.
Par l’intermédiaire d’une correspondance retrouvée, le récit approfondit ces sujets. Il nous expose les désillusions de la Première Guerre Mondiale, la volonté des habitants de part et d’autre de la frontière de se reconstruire, de maintenir un lien malgré l’éclatement généré par la fluctuation des frontières, nous révèle l’effervescence engendrée en Allemagne par un milieu artistique en ébullition et finalement l’étau qui se resserre peu à peu sur ces artistes tenants de l’expressionnisme allemand, un art qui finira par être considéré comme « dégénéré » par les autorités au pouvoir dans les années 30.
Aller à la rencontre d’Annette Philipp, c’est l’occasion de partir à la découverte d’une plume fine et sensible. Le temps d’une soirée conviviale, nous vous invitons à écouter le récit de son premier roman : soirée lecture et dédicace avec Annette Philipp à la médiathèque, mardi 7 février 2012 à 20h30.
Un paysage tranquille de Lorraine, à l’abri du ciel et du vent. Mais l’impression est trompeuse. Les blessures de la guerre, les vieilles haines et la mine y ont creusé bien des failles. C’est dans l’une d’elles qu’un matin d’hiver, le cadavre d’une jeune fille est retrouvé, une corde savamment nouée autour du corps. Le lendemain, on découvre un curieux assemblage de brindilles dans le cimetière du village, à l’endroit même où, en 1944, au lendemain de la Libération, un homme a été pendu.
Simon Dreemer, tout juste muté au SRPJ de Metz, et le lieutenant Jeanne Modover, une enfant du pays, devront sonder les âmes et les souvenirs des ” gueules jaunes “, ces anciens des mines de fer malmenés par l’Histoire. Lesquels des fantômes de la guerre ou de la mine sont revenus pour sacrifier des adolescentes ?
Les événements se passent dans le Pays Haut Mosellan, un cadre inhabituel pour le déroulement des fictions. C’est de manière très subtile que le lecteur découvre cet environnement, les informations sur ce territoire étant distillées au fil du récit. Tout se tient : l’enquête, les personnages auxquels le lecteur s’attache bien qu’au début ils apparaissent comme un peu bourrus, le déroulement… J’ai vraiment aimé ce premier roman, on se sent réellement porté par ce polar avec en supplément l’ancrage régional. Très bonne surprise!