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Résumé :

Immense, sombre, presque sans paroles, l'album se laisse difficilement raconter tant il s'imprime dans nos esprits, les frappe même, par sa suggestion.Cela commence par une déclaration de Gustave à sa « chère Adèle » : « il n'y a plus de mots pour décrire ce que je vis ». Pastels aux tons sépia, les images suivent alors, elles capables de rendre, par associations d'idées, l'horreur de la Grande Guerre. La nature débute l'enchaînement fatal sous la forme d'un lapin, d'un cheval perdu au milieu d'un champ de bataille. Puis ce sont les portraits de soldats, blancs ou noirs (les troupes coloniales) mis l'un à côté de l'autre, et encore les signes de mort, avec cet homme au visage-crâne jaillissant des tranchées. Les gueules cassées viennent enfin, difficilement soutenables. Le lecteur est déjà complètement soufflé. Arrive la page de garde, et sa petite enveloppe, son fac-similé de lettre. Adèle écrit à Gustave et retranscrit toute la maladresse de son amour. L'appel final est ambigu : « La patrie a besoin de héros soit ! Moi je n'ai besoin que de toi ! ». Reste l'impression d'un presque rien qui dit tout. Le talent du dessinateur, la force de pensée de l'auteur se ressentent à peine dans ce dispositif à la simplicité travaillée. C'est la marque des plus grands : l'air de rien, donc, Dedieu réalise sans doute un des plus vibrants hommages aux morts pour la France de cette année du centenaire. Dans l'esprit de l'album, gageons que Gustave aurait tout aussi bien pu être allemand. - Sélection Ricochet jeunesse

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Editeur :Seuil
Date de publication :DL 2014
Description physique :1 vol. (non paginé [35] p.) ill., fac.-sim., couv. ill. 39 cm document sous enveloppe
Langue :Français

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