Biographies

Dans cet article nous souhaitons vous présenter un certain nombre d'auteurs, d'acteurs de théâtre, musiciens et créateurs en tous genre qui apprécient la langue régionale et qui la font vivre dans leurs œuvres.

Dans cet article nous souhaitons vous présenter un certain nombre d'auteurs, d'acteurs de théâtre, musiciens et créateurs en tous genre qui apprécient la langue régionale et qui la font vivre dans leurs œuvres.

Alain KERMANN

 
Alain KERMANN, né à Bitche leAlain Kermann2 768x512 16 août 1953 est issu d’une famille travaillant pour la prestigieuse cristallerie de Saint-Louis. Enseignant et musicien, sa formation musicale fut surtout autodidacte.
 
Dès l’âge de 7 ans, il est membre de la chorale de l’église de St. Louis lès-Bitche jusqu’à 26 ans. Il dirige ensuite la chorale liturgique de Rahling jusqu’en 1998.
Après un court passage au conservatoire de Sarreguemines, il rentre comme trompettiste à l’harmonie des cristalleries de St. Louis. Au fil des ans, il occupe la place de co-directeur puis celle de directeur. Il dirige ensuite l’harmonie du Pays de Bitche jusqu’en 2008.
En parallèle, il s’adonne à la pratique du chant, de la guitare et de la guitare basse dans différents orchestres de variété jusqu’en 2005.
Instituteur de formation, il se dirige vers le métier de conseiller pédagogique en éducation musicale (formateur d’enseignants) après sa réussite au concours interne en 1992. Il exerce ce métier pendant 20 ans jusqu’à l’âge de sa retraite en 2013.
Durant cette période, il a l’occasion de faire de nombreux stages de formation à la direction de chœur à l’Institut Européen de Chant Choral et à l’Association Nationale des Chorales Liturgiques. Pour services rendus à l’éducation nationale, il devient chevalier de l’ordre de palmes académiques en 2012.
Il est associé à la production de livres pédagogiques et de CD pour les élèves de la Moselle. Auteur, compositeur et arrangeur déclaré à la SACEM, il s’intéresse également à l’apprentissage de l’allemand dans les écoles et produit de nombreux documents pédagogiques diffusés par le Centre Transfrontalier de St. Avold.
Avant son départ à la retraite il est co-auteur de la méthode d’allemand : « Komm wir spielen »
 
 
Depuis 2000, il s’intéresse à l’enregistrement et se forme en autodidacte à différents logiciels de prise de son et de vidéo.
Il a actuellement un studio d’enregistrement avec son épouse: C.SONUS.STUDIO.
 
 
Il est aussi passionné par sa langue natale : le Platt et participe depuis de nombreuses années au festival « Mir Redde Platt » de Sarreguemines.
Il est à l’initiative du spectacle « Danses et Chants » qui permet aux élèves des écoles de Sarreguemines de découvrir des danses lorraines et des chants en Platt.
Depuis 2013, il est membre du groupe : Zottl Kéniche en temps que chanteur, flûtiste et bassiste. Cet orchestre se produit en Moselle, en Alsace et en Allemagne.
 
 

 

 

Alphonse WALTER

Alphonse Walter

Alphonse Walter, né le 23 septembre 1946 à Ingwiller (Bas-Rhin), habite à Goetzenbruck (Moselle germanophone)
Licencié d’allemand, il a effectué sa carrière professionnelle comme enseignant en Lycée Professionnel jusqu’à sa retraite.
Auteur, acteur et metteur en scène, dirige la compagnie « Lothringer Theater » qui présente des traductions de pièces classiques et contemporaines en langue régionale (francique) ainsi que des créations.
 
En langue régionale, il a adapté plusieurs œuvres classiques Le Malade imaginaire, Walberger et Cie (Saga verrière), Venedig, Perceval adaptation d’après Chrétien de Troyes (création des costumes par Stéphan Balkenhol), Schweyck im Zweiten Weltkrieg, B. Brecht, D’Autobahn d’après Ludwig Thoma.
Il participe régulièrement au Festival « Mir redde Platt » organisé par la ville de Sarreguemines et soutenu par la DRAC Lorraine.
Il a aussi coproduit et interprété avec le Parnass-Theater de « La Vie de Marchandises » au Schloss à Sarrebruck en allemand (Hochdeutsch)
 
En langue française :
Ecriture de plusieurs pièces et spectacles à caractère historique (Zénith à Strasbourg).
Question Ordinaire (Festival off d’Avignon)
Animation de classes à « projet artistique et culturel », « ateliers théâtre ». Projet transfrontalier bilingue autour d’une pièce de Büchner (Leonce und Lena).
Vice-président d’une société littéraire transfrontalière, Melusine pour la promotion de la littérature en « SAAR- LOR- LUX- ALSACE ». (Prof. Dr. Günter Scholdt)
Alphonse Walter participe très régulièrement avec sa troupe au Festival Mir Redde Platt. Ensemble, ils présentent des pièces classiques de haute qualité traduites depuis l'allemand ou du français.
Les  représentations sont systématiquement surtitrées et ne sont donc pas réservées aux germanophones.
 

Bertrand HIEGEL

 
Bertrand HieBertrand Hiegelgel, né à Sarreguemines en 1969,  est issu d’une famille d’agriculteurs attachée au terroir lorrain depuis des siècles. Le Platt (ou Déitsch) est sa langue maternelle et se plait à dire que le français est sa première langue étrangère, ce qui était le cas pour la plupart de ses camarades de classe.
Comme beaucoup de locuteurs, ce n’est qu’assez tard qu’il se rend compte que cette langue régionale est menacée. La transmission familiale est en recul depuis des décennies. Alors qu’autrefois des classes d’âge entières le parlaient dans le Nord de la Moselle, il est rare actuellement de l’entendre dans les cours d’école de la « Lorraine Thioise » c’est-à-dire germanophone.
 
Mais il n’y a pas de fatalité : cette tendance peut-être inversée car selon lui, il en va de l’intérêt même de la Lorraine de rester une région bilingue ou multilingue.
Après des études d’histoire à l’Université de Strasbourg et une expérience en librairie, Bertrand Hiegel rejoint la Bibliothèque Départementale de la Moselle (actuellement Division de la Lecture Publique et des Bibliothèques) sur les sites de Sarralbe puis de Bitche. Il se spécialise sur le fonds régional et patrimonial en tant qu’Assistant de Conservation du patrimoine.
Depuis 2010, il a rejoint le secteur Francique et langues de la médiathèque communautaire de Sarreguemines. Ce qui l’intéresse plus particulièrement dans ce métier est de rendre disponible pour le public de nombreux documents anciens, parfois oubliés. En effet, le francique est une langue plus ancienne que le français ou l’allemand standard (Hochdeutsch) avec un riche patrimoine. Par l’exemple, l’abbé Louis Pinck avait collecté des milliers de chansons populaires dont certaines ont leur origine au moyen-âge. Son travail de sauvegarde des années 1920-30 à permis de rassembler la plus importante collection de chansons anciennes d’Europe.
 
Pour Bertrand Hiegel, le Platt ou francique doit se tenir sur ses deux jambes : l’une correspond à son patrimoine historique et culturel. L’autre correspond à son actualité, au fait que la langue régionale est parlée dans un vaste espace européen qui comprend une partie de l’Alsace et de la Lorraine mais surtout le Luxembourg, La région d’Arlon en Belgique, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, c’est-à-dire plusieurs millions de locuteurs dans cette région transfrontalière. C’est donc un aspect important de la « Grande Région ». Le bilinguisme ou multilinguisme régional en Alsace et en Moselle est un facteur qui favorise l’emploi dans le cadre européen, à l’inverse, ne pas parler allemand diminue les chances d’être recruté dans les pays limitrophes.
 
Dans la démarche d’ouverture de la médiathèque de Sarreguemines, les autres langues sont également représentées et mis à disposition du public sous forme de livres, CDs, DVDs, méthodes d’apprentissage, cabines de langues. Elles servent à promouvoir, à former aux langues vivantes, à destination des enfants, des crèches, des classes mais aussi des adultes pour de l’autoformation ou les loisirs. Les méthodes d’apprentissage de français notamment se révèlent utiles pour les personnes d’origine étrangère et sont un véritable atout de cette médiathèque. Un cadre qui est entièrement en cohérence avec les missions de Bertrand Hiegel et de sa collègue Suzanne Bichler.
 
PS : Le secteur francique-langues tient ses réunions de travail en Platt…
 

Daniel LAUMESFELD

 
Daniel Laumesfeld Daniel Laumesfeld, à la fois chercheur, artiste et homme engagé, a été le premier à ouvrir la voie à une prise de conscience transfrontalière de la culture francique en région lorraine.

Né le 25 janvier 1955 à Basse-Ham en Moselle, dans cette partie de Lorraine qui appartenait jusqu’au 17e siècle au Duché de Luxembourg, avec donc le francique luxembourgeois comme langue maternelle.
Daniel Laumesfeld était connu pour son engagement en faveur des langues régionales, un militant antinucléaire, chanteur, musicien et auteur de nombreux textes mais aussi comme un chercheur en sociolinguistique. Il a publié en 1984 une thèse de doctorat très importante sous la direction du professeur Louis Jean Calvet sous le titre: « La diglossie en Lorraine Luxembourgophone; pratiques / idéologies », mettant en perspectives les avantages du multilinguisme régional.

Daniel Laumesfeld est malheureusement décédé à 36 ans, en laissant en quelques années à peine une oeuvre considérable.
Nous vous invitons à lire sa biographie sur le site de Mir Redde Platt 2011, qui présentait une exposition consacrée à son oeuvre: voir le lien ci-dessous:
Exposition Daniel Laumesfeld
 

 

 
 

Denis HILT

         
Denis Hilt 768x576 Denis Hilt, né à Bouzonville en 1958, Denis Hilt mineur à la retraite est issu d’une famille d’agriculteurs et de mineurs. Le Platt mosellan est sa langue maternelle.
Passionné par le folk, il a découvert avec le groupe Schaukelperd, les musiques, les chants et danses traditionnelles du pays Francique.
Il a appris le piano et la clarinette au conservatoire de musique de Freyming-Merlebach.
En 2005 avec son ami Pierre Muller (Flutiste) il a lancé le groupe de musique folk Rhésus-Positif.
La même année il crée l’atelier de danse folk à Betting et rejoint le groupe folklorique la Ronde des Liserons de Hundling .
En 2010 sa rencontre avec Chantal, devenue son épouse, joueuse d’accordéon diatonique lui donne l’envie de pratiquer cet instrument.
Denis, Chantal et Pierre se retrouve pour jouer des morceaux de musique traditionnelle .Mais le trio sera vite étoffé par la rencontre de trois musiciens allemand et le groupe folk transfrontalier les Quetschekaschde est né. Régulièrement Denis organise des rencontres folk et folklorique transfrontalière.
 
Les Quetschekaschde, animent l’atelier folk qui se situe désormais à l’espace Wiselstein de Freyming-Merlebach, ainsi que des veillées lorraines avec le groupe folklorique la Ronde des Liserons de Hundling. .Ils participent régulièrement au festival Mir Redde Platt dans le cadre du Bal folk et du spectacle des enfants des écoles de Sarreguemines.
Denis a participé à la création d’un atelier de danses folk à Sarrelouis et soutient celui de Sarrebruck.
Denis a œuvré pendant 30 ans au musée de la mine de Petite Rosselle .Membre du conseil scientifique pour la réalisation et la pérennisation du musée Les Mineurs Carreau Wendel.
 

Denis RISSE

Denis Risse

Denis Risse est professeur de musique et multi-instrumentiste : (clavier, Contrebasse, guitare, clarinette, baryton, clochettes des Alpes, cornemuse, accordéon, flûtes irlandaises, chant.)
 
Né le 27 mai 1956 à Farschviller en Moselle, il a commencé très tôt la musique, à l’âge de 4 ans. Inscrit au conservatoire au cours de piano, il se révèle très rapidement comme un élève doué et prometteur. Il s’orientera dans un premier temps vers le métier de vendeur et démonstrateur en instruments de musique.Il se produira dès l’âge de 13 ans sur les scènes de la région en gérant dans un premier temps un groupe « les cousins » avec des amis du village, puis en rejoignant les orchestres les plus connus du moment (Gilbert Scheffer, Paul Star).
 
A partir de 1995, il exercera le métier de professeur de musique en créant sa propre école. Ses autres passions sont le foot, la pêche et le ski (en douceur…). Depuis 1989, il forme un duo à la ville comme à la scène avec Véronique : l’orchestre Alpenklang Duo dont l’originalité réside dans un spectacle autrichien qu’ils ont mis au point en dehors des prestations classiques. 
 
Depuis 2009, il fait partie du groupe l’officine du gueux et se produit sur diverses scènes de l’est de la France avec son compère François Nadler : une musique festive de style irlandais.http://www.officinedugueux.fr

Fin 2013, il rejoint les Zottl Kéniche pour promouvoir sa langue natale : le platt. http://zottlkeniche.jimdo.com

 

Edgard BUND

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Edgard Bund était une des personnalités les plus attachantes de Sarreguemines, un véritable pilier de la scène culturelle, artistique et « carnavalesque » de la ville. Il indique dans une dédicace de son livre « vieux métiers de Lorraine » des éditions Serpenoise: « Sans téléphone portable, ni blog, ni MP3, et pourtant j’ai grandi dans un monde formidable, avec toute ma passion. » Oui, Edgard Bund était un passionné, artiste dans l’âme, profondément attaché à la culture de sa région natale, à ses habitants, son histoire et sa langue.
 
Edgard Bund est né en 1931, à Sarreguemines, et il y est décédé en 2013. Toute sa vie il a été un homme chaleureux et souriant. De par son métier: décorateur et architecte d’intérieur mais aussi par passion, il était un peintre et aquarelliste de talent. De nombreuses œuvres de sa main embellissent les salons des particuliers de la région et la plupart des sarregueminois ont vu ses aquarelles lors des nombreuses expositions auxquelles il a participé. Il se présentait lors du carnaval comme éboueur (Drèkmònn), un personnage, toujours poussant sa grande poubelle, et relatant les anecdotes et dysfonctionnements de la société et de la politique locale et régionale. Il fut un membre essentiel des Kappensitzungen depuis 1970, le pamphlétaire et contestataire le plus connu du carnaval local. Les textes du Drekmònn étaient présentés en vers et en francique a fait la joie des milliers de carnavaliers. Les textes étaient reproduits ensuite dans le journal satirique et carnavalesque « Faseboobe ».
 
Edgard Bund fut aussi président de la Société Carvanalesque de Sarreguemines de 1972 à 1977. Comme décorateur et architecte d’intérieur, il prêtait bien sûr aussi la main aux décors des « Balla Balla » et des chars de la cavalcade.
 
Un talent supplémentaire est l’écriture, avec ce plaisir supplémentaire de pouvoir illustrer lui-même ses ouvrages. L’histoire et la culture de Sarreguemines y jouent un rôle central. Il participait régulièrement aux ateliers d’écriture en Platt de la « Schriebschdubb » à la médiathèque qu’il rehaussait de sa grande culture. Il préparait un ouvrage depuis plusieurs années, appelé « Rückwertiges Lexikon » c’est-à-dire qu’il s’agit d’un dictionnaire de rimes en francique comprenant déjà plusieurs centaines de pages.

 

François NADLER

Nadler

François Nadler naît le 9 mars 1970, en terre Lorraine, région qu’il n’a jamais quitté. Il débute sa formation musicale tardivement en autodidacte en découvrant la guitare, son instrument de prédilection.
 
En 1993, il forme le groupe « les Fous Gueux », qui deviendra en 2009 « L’Officine du Gueux » (Site de l’Officine du Gueux).
 
Le groupe compte 5 albums à son actif. En 2013, il s’associe au groupe les « Zottl Kéniche », ce qui lui permet de composer des chansons en francique rhénan, sa langue maternelle.

Hervé ATAMANIUK

Herve ATAMANIUK

Hervé Atamaniuk, enseignant depuis 1997, exerce le métier de conseiller pédagogique depuis 2004. Il se passionne également pour les arts de la parole et se produit régulièrement comme conteur.
 
Hervé Atamaniuk est né le 19 décembre 1961 à Saint-Avold (57). Après des études de géographie (Dea) en France et franco-allemande en Allemagne (Diplôme de l’Université de la Sarre), il a travaillé durant dix ans (de 1985 à 1995) dans l’une des aventures culturelles les plus novatrices de France, aux côtés de Jean Hurstel, au sein de l’Acbhl/Scène Nationale de Lorraine.
De 1995 à 2002, il a dirigé le réseau culturel Banlieues d’Europe (Strasbourg), dont il est toujours un membre actif au sein du Conseil d’Administration, avant de revenir en Lorraine où il occupe le poste de Directeur de la culture à la Ville de Sarreguemines. A ce poste, il a plus particulièrement développé le Festival Mir redde Platt (festival de la langue francique et des langues de France), la programmation de la saison culturelle, ainsi que diverses actions culturelles transfrontalières.
 
Il est expert auprès de la Commission Européenne – Dgeac (Bruxelles) pour l’évaluation des programmes Culture. Il est également chargé de cours à l’Université de Lorraine (Sciences Humaines et Arts) et à l’Université de Strasbourg (Institut d’Etudes Politiques)
Ardent militant de la diversité linguistique, il est membre fondateur de l’association Bei Uns Dahem (Freyming-Merlebach), de la Fédération pour le Lothringer Platt.
 
Il est également musicien au sein du groupe folk Schaukelperd. Hervé Atamaniuk a été décoré de l’ordre national des Arts et des Lettres en 2005.
Il est l’auteur de nombreux articles dans différentes revues (l’Observatoire, Mélusine…) et co-auteur du Platt Lorrain pour les nuls, publié chez First Editions en 2012.
 

Hubert ZAPP

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Hubert ZAPP est né le 10 décembre 1946 à Neunkirch-lès-Sarreguemines dans une famille d’agriculteurs. Après des études secondaires  au  Collège Saint-Augustin de Bitche,  il obtient sa licence d’allemand à la Faculté des  lettres de Nancy en 1968. C’est là qu’il prend goût à la recherche universitaire en dialectologie (francique), sous l’égide de Marthe Philipp, professeur d’université
En 1969, il rédige  à Nancy un  mémoire de maîtrise intitulé    « Sémantique structurale du dialecte de la région de Puttelange : les animaux domestiques», tout en menant sur le terrain des enquêtes pour   la réalisation de l’ « Atlas linguistique et ethnographique de la Lorraine germanophone » (CNRS).
 
Professeur certifié d’allemand au collège Jean Jaurès à Sarreguemines,  il prépare sous la direction de Marthe Philipp  une thèse de 3ème cycle, soutenue en 1980 à Strasbourg : « Pédagogie de l’allemand en milieu dialectal : Etude contrastive des systèmes verbaux du parler de Sarreguemines et de l’allemand ».  En 1982 parait un complément à ce travail : « Linguistique contrastive : expression du temps et de la phase dans le parler de Sarreguemines et en allemand.   Applications   pédagogiques. » (Recherches  linguistiques–Articles   offerts à Marthe Philipp, Kümmerle Verlag, Göppingen 1982
Professeur agrégé d’allemand au Lycée Henri Nominé de Sarreguemines, il est l’initiateur des cours de  langue et culture  régionales, ainsi que le coordinateur de l’épreuve du même nom du Baccalauréat au centre de Sarreguemines.
 
Dans la décennie des  années 9o il  fait de nombreuses conférences en Moselle-Est sur l’ « Histoire du parler  sarregueminois », dont le texte est publié  par l’association Confluence aux Archives municipales de Sarreguemines. La paroisse protestante de Sarreguemines  le sollicite également  pour des causeries ou  conférences en allemand sur des thèmes comme « Deutschland-Frankreich : das Bild des anderen » ou encore « Zweisprachigkeit  bei uns » (1995 et 1996). De 1993 à 1998 il participe à des émissions en dialecte ou en allemand sur Radio-Melodie et Saarländischer Rundfunk, autour du Platt.
 
Divers articles, comme « Un particularisme essentiel – Les aspects linguistiques » (in   La Moselle, l ’essentiel , CRDP Lorraine, Metz, 1994) ou « Le parler de Rolbing » (in   Rolbing – Les gens de la frontière ,  Impr. Neiter 1996) sont autant de contributions à un éclairage académique de la réalité linguistique locale.
En 2002 il est nommé chevalier dans  l’ordre des  palmes académiques.
Sa collaboration régulière et étroite avec Marianne Haas-Heckel lui permet de « porter un regard de connaisseur avisé » sur les ouvrages de la « prêtresse » du Platt.

 

Jean-Louis KIEFFER

 
Jean-Louis Kieffer est né à Filstroff en 1jeanlouis kieffer948 et était plattophone jusqu’à ses 6 ans. A cet âge, il a appris le français, puis l’allemand en tant que langue „étrangère“. Il a été professeur de français au collège de Bouzonville jusqu’à sa retraite.
 
Chercheur et historien régional passionné, il a réalisé un certain nombre de découvertes archéologiques intéressantes, en fouillant de nombreux sites paléolithiques, néolithiques, gallo-romains sur les communes de Filstroff, Bibiche, Colmen, Neunkirchen etc. Il prospecte pour le compte de la carte archéologique à la DRAC et tient des conférences sur les découvertes archéologiques de ce secteur. Jean Louis Kieffer adhère à la SHAL Pays de Nied, devenu par la suite la SHAN. Il est aussi membre de la “ Vereinigung für die Heimatkunde im Landkreis Saarlouis ”. Il publie régulièrement dans les Cahiers du Pays de Nied.
Du milieu des années 1975 au milieu des années 90, il est actif au Foyer de Filstroff. Il adhère à la Fédération pour le Lothringer Platt et fait ses débuts au théâtre en platt (création de pièces, traductions, animations avec des troupes sarroises de Besseringen, Gisingen, etc.). En 1983, il est membre fondateur du Comité pour la création du Pays de Nied, devenu par la suite “ Comité du Pays de Nied ”.
 
Depuis 1983, il s’est engagé avec détermination dans la défense et la promotion de sa langue maternelle, le platt. Il est membre fondateur de l’Association „Gau nun Griis“ et actuel président. A partir de 1985, il commence à écrire en francique mosellan. Son premier texte publié a été « Der Knopp », „le bouton“. En 1988, il a publié « Wou de Nitt brellat », avec le soutien du Ministère de la Culture du Land de Sarre. Pour ce recueil, il a obtenu le prix du « Elsass-Lothringischen Schrifts-tellerverbands ».
Depuis le début des années 1990, Jean-Louis Kieffer enseigne l’option Langue et culture régionale (LCR) au collège de Bouzonville et corrige les épreuves de LRC au bac à Thionville. Depuis 1998, il anime des cours de conversation en Platt à Gisingen (Haus Saargau), ainsi que de nombreuses visites au Pays de Nied avec des groupes de Sarrois, en tant que guide.
 
Depuis 2000, il est membre du Conseil d’Administration de “ L’Institut des Langues et Cultures Régionales ” du Conseil Régional de Lorraine. Il est également membre du « Conseil Académique des Langues Régionales. » et a participé activement à l’élaboration de la “ charte de la graphie harmonisée des parlers franciques ” sous la direction du professeur Hudlett et du Géripa (Université de Haute Alsace). Il est aussi à l’origine en 2003 de la création de la revue de littérature et d’art trilingue « Paraplé ».
En 2004, il créé avec le chansonnier et auteur sarrois Hans Walter Lorang le Duo “ Musick un Sprooch “.
Jean Louis Kieffer, dont le talent d’auteur est confirmé, fait partie de la “Bosener Gruppe”, un collectif d’artistes et d’auteurs, qui se retrouvent régulièrement au moulin de Bosen en Sarre, et de la « Société des Ecrivains d’Alsace et de Lorraine ».
 

Jo NOUSSE

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Jo Nousse, né à Thionville en 1958, vit à Sierck-les-Bains (Moselle).
Ancien Professeur des Ecoles en Langues Régionales, il a été le premier fonctionnaire de l’Education Nationale à enseigner le francique luxembourgeois à plein temps. Sa première demande pour enseigner la langue régionale date de 1983. Il a dû batailler ferme, avec le soutien de plusieurs associations, pour que l’Education Nationale reconnaisse cette spécificité et le nomme enseignant dans cette langue. Il est également poète et musicien.
 
A tous les niveaux, Jo Nousse se bat, afin que sa langue maternelle ne disparaisse pas. Que ce soit par sa profession, son activité musicale, son implication personnelle, il défend le platt, la langue de son pays. Un attachement au platt, que l’enseignant a développé aussi au contact de son ami Daniel Laumesfeld, docteur en sociolinguistique et un des plus importants opposants au nivellement de la diversité culturelle. Daniel Laumesfeld a favorisé la prise de conscience de nombreuses personnes sur la sauvegarde de la richesse culturelle transfrontalière, ainsi que la défense du plurilinguisme.

Une cause que Jo Nousse poursuit dans une lutte destinée à contrer l’appauvrissement de l’esprit et à faire en sorte que sa langue de prédilection, le francique luxembourgeois, reste vivante. C’est pour lui un enjeu culturel, social, politique et économique. Il dit lui-même que sa langue est originaire de la région où trois pays essaient de s’embrasser. Son village, Huntting, est proche de cette frontière emblématique pour l’Europe de Schengen, où voisinent trois pays, trois administrations, et aussi trois langues souvent communes pour les habitants de cette région : le Français, l’Allemand et le Francique. Le platt est une langue minorée en France, alors qu’elle a un statut de langue officielle au Luxembourg, et qu’en Allemagne, la langue régionale constitue une partie importante de l’identité culturelle.

Cette identité culturelle, il la cultive également dans ses textes. Il écrit et joue régulièrement de la prose, de la poésie, du théâtre et des chansons. Ses œuvres sont le reflet de ses engagements. Il participe à plusieurs groupes musicaux, notamment Geschtemat et Tutti Futti. Depuis quelques années, avec le Sarrois Manfred Pohlmann et le Lorrain Patrick Riollet, il forme le trio Mannijo. Leurs chansons, avec leurs sonorités pop, rock, folk, reggae et balades, puisent aussi dans le répertoire occitan, basque, corse, yiddish, irlandais… Loin de l’idée d’un repli sur soi, la langue régionale est un vecteur d’ouverture culturelle.
 

Discographie

Avec GEESCHTEMAT :

Album LP Geeschtemat? séngt op Platt (Prod. Médiaphone.1981). Epuisé.
Un titre sur Muselfränkéch oni Grenzen (Prod. Schnoog.1984)

Avec TUTTI FUTTI :

Maxi 45T «Reebou» (Coprod. Apero/Tutti.1987).
Titre sur compilation «Tontexte / Text-Töne» (Copr. SR/EMI.1989).
Titre sur compilation «Lorraine d’En Fer» (Prod. Amper.1991).
Titre sur compilation «Musek ouni Grenzen» (Prod. Schnoog.1992).
Album CD «Trans-Eurock Express» (Prod. 3R.1993). Epuisé.
Titre sur compilation «Vinilkosmo» (Prod. Eurokka.1995).
2 titres sur «Compil’Rock à Thionville» (Prod. Cadence Music.1995).
Mini-album CD « Bilingue dingue » (Prod. 3R. 1996). Epuisé.

Avec MANNIJO :

Mini-album CD « Iwer d’Grenzen / Transfrontières » (Autoprod. 1999). Epuisé.
Titre sur compilation « Mussik, Sprooch un Wein » (Prod. SWR, 2000). Epuisé.
Album CD « Abrakadabra » (Prod. Op der Lay, 2001). Epuisé.
2 titres sur compilation « Highlights.Venner Folk Festival » (2002)
Album CD « DräilännerGeck » (Prod. Réseau 3R, 2006)
5 titres sur l’album CD « Uns bindet die Liebe, uns bindet die Not » de Manfred Pohlmann (2007)
Album CD « 20 magesch Lidder » (Prod. ACVS, 2011)
Album CD « Café-Klatsch » (Prod. Réseau 3R, 2014)

Diverses apparitions vocales

CD « M » de Manfred POHLMANN (Schnoog, 1995)
CD « Commando Fada » de MASSILIA SOUND SYSTEM (Ròker Promocion,1995)
CD « Il est psy ? » de HEP ! (2010)

 

Les QUETSCHEKASCHDE

 
quetschekaschde Les Quetschekaschde animent des bals folk, des veillées lorraines, des fêtes celtiques. Leur musique est issue du répertoire traditionnel des régions de France, de Lorraine et d’ailleurs. Le nom du groupe provient du mot en platt qui désigne leurs accordéons diatoniques. Tous leurs morceaux de musique sont associés à une danse. Exemple : valse, mazurka, cercle, scottish, bransle, bourrée, andro, etc. Leur atelier de danse a lieu tous les mercredis des semaines paires, à l’espace Wieselstein (2 rue du Rocher à Freyming-Merlebach).

Depuis quelques années, ils sont impliqués dans le Festival Mir Redde Platt de Sarreguemines, à travers le spectacle des enfants et le bal folk. Ils jouent aussi de la musique pour la Ronde des Liserons en costume traditionnel Lorrain.
Leur projet : élargir leur répertoire en Platt et transmettre les traditions des anciens.
 
 
 
 
Contact : Denis Hilt – 89 Rue du 3 mai 57800 Freyming-Merlebach
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Lien : La Ronde des Liseron et Quetschekaschde
http://la.ronde.des.liserons.fr/

 

 

Lucien SCHMITTHAUSLER

 
lucien scmitthauslerJeunesse
Lucien Schmitthäusler, né en 1935, a passé les premières années de son enfance au moulin de Sarreinsming, d’où était originaire de famille de sa maman, Alexandrine Niederlender.
A l’âge de 4 ans, c’en était fini avec le bonheur bucolique au bord de la Sarre. Il part avec sa mère et une de ses sœurs en Charente, à Saint Ciers Champagne, où étaient réfugiés ses compatriotes lorrains. Il y séjourne une année et découvre la langue française et le « charentais » en compagnie d’autres réfugiés de Sarreinsming et de Belgique. Il apprend forcément la langue en partageant la vie de la famille qui les héberge. Au moment du retour, il s’entend dire « lorsque tu rentreras en Lorraine, tu oublieras le français, il répond texto « alors je me l’écrirais ».
 
A son retour dans la Moselle occupée (appelée à présent Westmark), il fait sa rentrée scolaire à l’école allemande et devient « Luzian », doit parler allemand, mais continue à utiliser aussi le platt. Dans son livre « Portraits », il fait référence à cette période et à la vie d’un enfant, sujet de la propagande nazie. Il a écrit un texte intéressant sur ce sujet intitulé « Das Fräulein ».
Puis sonne l’heure de la libération par les troupes américaines. Les enfants profitent du désordre ambiant et vivent cette période comme une aventure, qui prend fin à la rentrée scolaire de 1945 : l’école française reprend ses droits.
A la discipline allemande succède une pédagogie assez répressive pour rattraper cinq années de scolarité et de culture française perdues.
 
Dans cette période, du fait de la santé précaire de la mère de Lucien, malade de la tuberculose, il fait un séjour de 6 mois en Haute-Savoie avec d’autres enfants de la région, ce qui a pour corolaire de lui permettre de progresser plus vite en français que ses camarades restés en Moselle. Comme tous les écoliers de Moselle, il lui est interdit de parler le francique, sa langue maternelle, avec comme symbole, le bouton (de Knopp), que les élèves devaient remettre à un camarade ayant parlé en platt : celui qui a le bouton en fin de journée est puni.
Lucien avait été remarqué par son instituteur et ses camarades pour son goût pour la lecture et l’écriture.
 
C’est ainsi qu’il compose son premier poème :
« Le roi de notre basse cour
Est un joyeux coq de Hombourg
Mais il est un mauvais drôle
Qui joue très mal son rôle
Il se bat avec les poules
Et les pigeons qui roucoulent
Et maintenant dans la casserole,
Il rissole… »
 
A 14 ans, Lucien Schmitthäusler passe le Certificat d’Etudes Primaire avec les félicitations du jury. Il poursuit ses études et sa formation au collège technique de Sarreguemines et passe le CAP d’ajusteur.
 
Activités professionnelles
Il exerce son métier auprès de la SOLFA (une fabrique de coffre-forts), puis aux Houillères du Bassin de Lorraine, où il passe avec succès un Certificat Professionnel P1  des mines.  A cette époque, démarre l’aménagement de la Centrale Thermique de Grosbliederstroff. Il y reste deux ans.
Lucien Schmitthäusler est incorporé et effectue son service militaire durant la Guerre d’Algérie. Son choix se porte sur le Service de Santé des Armées. Ses acquis professionnels lui permettent d’être formé à la stérilisation et d’officier dans différents hôpitaux militaires. Il est transféré ensuite en Algérie où il effectue 14 mois en temps qu’infirmier au service de l’aide médicale dans la région d’Aumale et de Petite Kabylie.
Pour mieux soigner les habitants, il s’initie à la langue locale, ce qui lui permet d’acquérir les rudiments nécessaires à la relation thérapeutique. De retour dans la vie civile, il entre à l’hôpital psychiatrique de Steinbach près de Sarreguemines  et s’y spécialise dans les soins aux enfants autistes et psychotiques. Il poursuit sa formation et passe des diplômes de moniteur-éducateur et d’éducateur spécialisé à Strasbourg. En 1975, il entre comme éducateur au service de psychiatrie infantile au CHS de Brumath, spécialisé dans la prise  en charge d’enfants psychotiques et autistes. Il prend sa retraite en 1995.
 
L’écrivain
En dehors de  ses activités professionnelles, il côtoie les acteurs de la vie culturelle alsacienne : écrivains, artistes, musiciens et participe à de nombreuses rencontres. C’est l’époque où un groupe de pionniers lance le projet d’un enseignement bilingue à l’école, sous la houlette du Rectorat de l’Académie de Strasbourg et du Haut Comité pour les langues régionales d’Alsace-Moselle. Lucien fait régulièrement  partie de ces groupes de travail.
Sur le plan personnel, l’amour de l’écriture, de la littérature et de l’art ne l’ont jamais quitté. Le courant de la renaissance de la culture et la langue régionale le motive pour créer et travailler de son côté. Il commence par traduire en francique la « Ballade des pendus » de François Villon. Il écrit de nombreux textes en en vers et en prose. Il publie son premier livre en 1984 : « Platt redde, nitt Platt mache ».
 
Comme auteur, il est l’invité de l’émission « Mille poèmes » sur Radio France Alsace. Il est invité régulièrement sur FR3, par exemple dans l’émission de Redde m’r devon de Jean-Marie Boehm, pour ses traductions et écrits. En 1994, une émission complète lui est consacrée.
C’est à Strasbourg qu’il a appris à connaître les textes de Pablo Neruda.  Il a traduit certains textes de Pablo Neruda et participe à une exposition qui lui est consacrée. Comme membre de l’Association Amitiés Alsace Chili, il est invité au Chili, où il lit « La chèvre de M. Seguin » aux enfants de l’Alliance française à Valparaiso.
Il fréquente également à Strasbourg la scène culturelle arménienne. C’est dans le cadre de l’Association Amitié Alsace Arménie, qu’il se rend en Arménie. Il avait découvert et apprécié les poésies de Daniel Varoujan, tué lors du Génocide arménien en 1915. Et il a traduit en alsacien son livre posthume « le Chant du pain ». Il a été lauréat du festival « E Frijohr far unseri Sproch » pour une édition trilingue (avec une version française par Vahé Godel).
 
Jean Paul Kuntz, du Centre d’action culturel de Freyming-Merlebach, enregistre également un reportage sur Lucien Schmitthäusler durant les années 1990, en lien avec son travail culturel, pour son émission restée culte: « E Vierteltunn im Kohlekaschte ». L’émission avec Lucien Schmitthäusler s’intitule : « Sowie de Schnawel Gewachst isch ».
Depuis ce moment-là, plusieurs émissions lui ont été consacrées : par exemple un épisode de la série « Platt Bande » animée par Suzanne Bichler  pour TV Mosaïk et des émissions sur SR3 (la télévision et radio  sarroise) avec l’animatrice et journaliste Suzanne Wachs.
La renommée de Lucien passe en effet les frontières et il fait régulièrement des lectures en Allemagne et au Luxembourg. Avec le soutien de son ami et éditeur Charly Lehnert, il publie en 1989 « Fabeln von de Mudder Essig ». Il est un des auteurs que le professeur Scholdt, à l’origine du Centre d’études « Litteraturarchiv Saar-Lor-Lux-Elsass »,  avait d’emblée classé comme incontournable sur la culture et la langue régionale.
 
Le théâtre fait aussi partie de ses passions : Il fait notamment partie de la troupe de Joseph Schmittbiel « Le théatre de la Brosserie ou Birschtefawriktetheater » et a joué dans des pièces alsaciennes comme « Democrates-democrates » et « Dialogues d’Alsace et d’Algérie ».
Pour le Festival Mir Redde Platt, il traduit des pièces de théâtre, notamment celle de Peter Weiss « Comment M. Mockinpott fut libéré de ses tourments », qui est interprétée par les lycéens de Sarreguemines avec le soutien et la direction de Laurent Barthel. Ce texte a servi aussi pour des épreuves facultatives du baccalauréat dans l’option « Langues Régionales des Pays Mosellans ».
Parmi les pièces marquantes, il y a aussi l’adaptation du « Chat de Schrödinger » de Norbert Aboudarham, renommé « Im Erwin Sìn Kàtz », joué et mis en scène par Laurent Barthel et Nadine Zadi.
Il publie dans la Revue « Die Neueste Melusine », est cofondateur du périodique « Paraplé » avec Gérard Carau, Jean-Louis Kieffer, Jeanne Muller, Suzanne Rouget et  Werner Treib. Il est aussi membre du Cercle littéraire « Bosener Gruppe », où se côtoient de nombreux artistes et créateurs Lorrains et Sarrois.
Dès les années 1980, il se lie d’amitié avec Jo Nousse, Lucien Hullar, Hervé et Didier Atamaniuk, Roland Helm, Marcel Adam, tous engagés à leur niveau pour que le francique reste une langue de création artistique, résolument tournée vers l’avenir. Ces mêmes personnes n’ont pas oublié leur engagement et continuent leurs activités, en particulier lors du festival annuel, initié à Sarreguemines par Marcel Adam  et Lucien Schmitthaussler. Il même initié un atelier d’écriture avec l’Association Patrimoine et Loisirs de Sarreinsming avec des textes comme le  « Rittersmòn von Frauenberg ».
 
L’œuvre littéraire de Lucien Schmitthaussler est très diverse :
Elle comprend des traductions d’œuvres célèbres, notamment des adaptations de fables de La Fontaine, de textes de Goethe, de prières ou de « l’ Hortus Deliciarum » de Herrade de Landsberg, en passant par Victor Hugo, Alphonse Daudet et des auteurs plus contemporains comme Georges Brassens, Daniel Varoujan ou Pablo Neruda.
Les écrits de Lucien Schmitthäusler en vers et en prose abordent les thèmes les plus éclectiques, preuve de son imagination créative et de son talent d’écrivain ouvert sur l’universel. Son écriture n’est pas une démarche militante, mais l’expression de son vécu dans une langue qui l’a accompagné sur les chemins où il a côtoyé d’autres langues qui l’ont marqué par leurs mots, leur musique, y compris le langage du silence.
Depuis son lieu de retraite à Sarreinsming, Lucien Schmitthäusler jouit d’une quiétude qui lui permet de continuer, à son rythme, d’écrire encore, et de participer à certains évènements culturels comme le Festival Mir Redde Platt qu’il a contribué créer.

 

Marianne HAAS-HECKEL

 
Marianne Haas-Heckel, Marianne Schriebschdubb 768x551née à Sarreguemines (Moselle) le 16 décembre 1946, est mariée et mère de 3 filles. Institutrice retraitée de l’enseignement élémentaire et pré-élémentaire, elle œuvre depuis 1990 à la sauvegarde et à la promotion de sa langue maternelle, le francique ou Platt lorrain.
Elle se consacre :
à l’animation d’émissions radiophoniques hebdomadaires en dialecte (Platt rédde ìsch gesùnd) sur les ondes de Radio Melodie (FM 102.7)
à la rédaction d’une chronique hebdomadaire en dialecte (Hebdo Platt) dans le journal local Sarre Hebdo (d’août 2005 à janvier 2012, date de fin de parution du journal)
à l’animation de l’atelier mensuel d’écriture en francique (de Saargemìnner Schriebschdubb) au Centre de ressources du francique de la Médiathèque Communautaire de Sarreguemines
à la publication d’ouvrages (voir ci-dessous)
 
Membre du groupe de pilotage du projet d’élaboration de la Charte pour la graphie harmonisée des dialectes franciques de Moselle germanophone, publiée par le GERIPA en 2004, elle fait partie du Comité scientifique du Centre de ressources du francique de la Médiathèque Communautaire de Sarreguemines. Elle est également adhérente des associations culturelles de défense de la langue régionale transfrontalière : Gau un Griis, Mundartring-Saar, Wéi laang nach ? et Literarische Gesellschaft Saar-Lor-Lux-Elsass Melusine.
Le prix spécial du jury Claude Seignolle (littérature orale et folklore français) lui fut attribué lors du festival des Imaginales à Épinal en 2007 pour l’ouvrage Légendes lorraines de Moselle francique.
 Son dernier ouvrage "Uss de Òmma ìhri Kìsch", le carnet de cuisine de grand-mère est un grand succès populaire car les recettes présentées correspondent entièrement à la culture culinaire de cette partie de la Moselle.

Ronald EULER

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Ronald Euler, né en 1966 à Sarre-Union. Etudes de littérature et civilisation allemandes à Strasbourg. Mémoire de maîtrise sur « La Problématique alsacienne dans le poème des « Orties noires » de Claude Vigée ». Enseignement en classe bilingue paritaire à l’école primaire.
« Je suis né dans les années soixante à Sarre-Union, en Alsace Bossue, cet appendice lorrain en terre alsacienne ou alsacien en terre lorraine. Mes parents me transmirent le parler local, un dialecte germanique de la famille du « francique rhénan lorrain », communément appelé Lothringerplàtt, en fait de l’allemand dialectal.

Langue qui n’avait pas voix au chapitre à l’école, langue si peu reconnue par les instances officielles, langue malmenée par les idéologues et uniformisateurs de tous bords, mais aussi par le conformisme, l’indifférence, la veulerie de ses propres locuteurs « complices et victimes » (Claude Vigée) d’une politique d’assimilation séculaire.
Pour moi, c’est la langue de mon être le plus intime, qui permet de dire les choses telles que je les ai vécues et les vis au plus près de mon corps, de mon cœur et de mon âme. Elle dit les choses comme elles sont. Elle me permet de dire ce qui à mes yeux est essentiel dans la vie. Ma langue se moque de l’air du temps. Elle est libre et parle le langage du vent, du feu, de l’enfant et de l’amour.

Je fais le rêve d’une Alsace, où les dialectes, à côté du français et de l’allemand standard – leur langue de référence littéraire, aient une juste place, à la hauteur de leur richesse linguistique, ainsi que de leur valeur historique et humaine.
Je fais le rêve d’une Alsace fière de sa différence, généreuse et ouverte dans une France riche et garante de sa diversité au sein d’une Europe unie et pacifique, respectueuse des êtres et de leur environnement.»

Suzanne BICHLER

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Suzanne Bichler, née à Bitche en 1967,  a grandi dans le Bitcherlònd en Moselle germanophone, dans une famille où elle a appris le Francique par transmission orale intergénérationnelle. Elle se plait à dire que le Platt lui a ouvert l’oreille à la musicalité des langues et grandement facilité l’apprentissage de la syntaxe en allemand et en anglais.

Depuis 1997, elle s’est engagée à faire connaitre cette langue qui s’écoute mais elle tient aussi à transmettre sa forme écrite. Depuis 2007, elle anime le secteur Francique et langues de la médiathèque communautaire de Sarreguemines ainsi qu’une émission télévisuelle « Platt Bande » sur Mosaïk TV. Depuis 2014 l’émission Platt Bande est sous-titrée et la bande son est diffusée sur Radio Mélodie.

Elle s’attache aussi à faire connaître la forme écrite de cette langue auprès de la jeune génération car les parents aujourd’hui n’ont souvent plus assez de vocabulaire pour transmettre cette langue. Les livres et les textes lus sont un média indispensable.
Dans ce cadre, elle anime tous les mois une séance de conte en Francique « Plattschbiele » (jouer en Platt) et elle assure des accueils de classe dans cette langue avec les écoles maternelles ABCM et les lycéens de l’option Langues Régionales du lycée. Et durant le Festival Mir Redde Platt, elle sensibilise les élèves des établissement scolaires au Francique à travers son histoire et ses particularités (migrations, variantes locales …)